L’Inde de Françoise Trin

Laveuse bleue au bassin (pastel sec sur pastel card)

L’inde sous le regard de Françoise Trin :

L’inde, c’est une Princesse des mille et une nuits dont les habits défraîchis laissent entrevoir la splendeur immanente ; au coeur des villes encombrées et bruyantes, les fières maisons indiennes déploient leurs couleurs en un vaste arc-en-ciel, tout juste écornées par la mousson ou par la pauvreté. L’Inde, c’est le pays de l’Unité, le lieu où les dieux incarnés se mêlent aux humains, où les arbres et les eaux sont sacrés, à l’image de toute la Création, où hommes et bêtes vivent ensemble dans un harmonieux désordre. Partout, au détour d’un sentier, sur un pont enjambant le fleuve, un indien se recueille, mains jointes, face au mystère de l’incarnation, et le soir les temples retentissent des actions de grâce de tout un peuple. C’est aussi le pays où les femmes sont reines, si gracieuses et légères avec leurs saris, toujours occupées à quelque tâche, se baignant avec gravité au bord d’un point d’eau pour faire la lessive et rafraîchir leur corps. C’est le pays du sourire et de la jeunesse : partout dans les rues, malgré la pauvreté omniprésente, les indiens vous saluent et vous présentent leurs enfants, dont ils sont si fiers, et les jeunes filles se promènent en bandes joyeuses. Enfin, c’est le pays de la couleur, un paradis pour les peintres, où toujours, au milieu d’un vert paysage, se promène la tache vermillon d’un sari ou se détache la masse violette d’un bougainvillier. J’ai suivi dans ce pays le fil de la Merveille, caché au coeur des êtres et partout rayonnant dans la beauté ambiante, comme au fond de ce chant fervent et ancestral porté par un vieil homme un soir à Thanjavur. Ces pastels sont la trace lumineuse laissée par cette rencontre, et un hommage recueilli à la Beauté et à la Grâce. (Texte de Françoise Trin).

Trois thèmes : Mamallapuram, les femmes au quotidien et le monastère.